vendredi 18 mai 2007

Dette de l'Afrique: l'Allemagne veut un rappel à l'ordre du G8 à la Chine

L'Allemagne, qui préside cette année le G8, demande que le forum exhorte la Chine à cesser de prêter des millions de dollars aux pays africains sans se soucier de la manière dont les fonds seront utilisés et s'ils pourront réellement être remboursés.

Lors du dîner d'ouverture vendredi soir d'une réunion des ministres des Finances du G8 à Potsdam, près de Berlin, l'Allemagne a soumis à ses partenaires un projet de déclaration en ce sens, selon un document dont l'AFP a obtenu copie.

Après les annulations de dette consenties à l'Afrique ces dernières années par les pays riches et les institutions multilatérales du type Fonds monétaire international et Banque mondiale, "il convient à présent d'éviter que ne se reconstitue une endettement non soutenable", souligne le texte de la présidence allemande.

Pour cela, il est important selon elle de respecter les critères édictés par le FMI et la Banque mondiale pour mesurer le niveau d'endettement que peuvent supporter les pays en développement, en fonction "de la qualité de leur gouvernance" interne.

"Tous les créanciers devraient s'y tenir. Cet appel du G8 est en particulier destiné à la Chine qui dans sa politique de prêts à des pays comme le Soudan ou l'Angola, ignore largement les aspects de bonne gouvernance", indique le projet de déclaration.

La percée économique chinoise en Afrique s'accompagne d'une multiplication des prêts accordés par Pékin aux différents Etats du continent. Un phénomène qui inquiète les pays occidentaux, lesquels craignent que l'Afrique ne recommence à s'endetter lourdement.

Les prêts accordés à l'Afrique par les pays occidentaux et les institutions multilatérales sont généralement assortis de conditions de respect de bonne gouvernance ou d'amélioration du système politique, ce qui n'est pas le cas pour la Chine qui revendique la non-ingérence dans les affaires intérieures.

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mercredi 21 mars 2007

ONG et Afrique; mariage de raison ?

Les ONG qui demandent une gestion transparente et équitable des revenus pétroliers et miniers tissent leur toile sur le continent africain. Elles viennent de se réunir au Cameroun, elles ont fait les comptes : de quatre en 2005, le nombre de coalitions membres de «Publiez ce que vous payez» (PCQVP) est passé à douze. D'autres sont en cours de constitution.


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Pression. «Notre mobilisation a commencé en 2000, raconte Jean-Pierre Muteba Luhunga, syndicaliste en république démocratique du Congo. La Gécamines, l'entreprise minière d'Etat, bradait ses gisements à des étrangers. Dans le même temps elle n'avait pas de quoi payer ses travailleurs.» La pression a payé et les contrats miniers vont être revus par le gouvernement nouvellement élu. Mais ça ne plaît pas forcément: victime de plusieurs tentatives d'empoisonnement, Jean-Pierre Muteba Luhunga s'est vu aussi refuser deux fois un visa pour se rendre à Bruxelles. Si la société civile s'affirme, les résistances des autorités et des entreprises restent fortes (lire ci-contre).
Pas question pourtant de reculer. «Ce n'est pas parce que nous ne nous sentons pas en sécurité que nous allons nous arrêter, assure le Congolais Samuel Nsikabaka (fondation Niosi). Ce qui se passe est scandaleux : le pays est riche en pétrole, mais la situation économique ne fait que se dégrader.» Les élections législatives de juin au Congo seront l'occasion d'interpeller les candidats. «Nous n'allons pas nous contenter de demander à l'Etat de publier ce qu'il perçoit des sociétés pétrolières. Nous voulons aussi qu'il dise comment il le dépense», prévient Nsikabaka.
Même au Ghana, «pays modèle» de gestion équitable des ressources minières, les réseaux restent vigilants : «La transparence ne doit pas faire oublier le reste : la question des impacts environnementaux et sociaux de l'exploitation minière, explique Steve Emmanuel Manteaw (Integrated Social Development Centre). Dès qu'il le faut, nous saisissons la justice.»
La mobilisation semble irréversible. «Au Gabon, nous dénonçons la persistance des clauses de confidentialité dans les contrats. Mais que valent les dénonciations si les autorités ne réagissent pas ? L'opinion internationale et les institutions financières, dont le Gabon dépend, restent le seul moyen de pression», note Marc Ona (Brainforest). Cela ne marche pas toujours.
«Dans la durée». La preuve au Tchad : contre l'avis de la Banque mondiale, le gouvernement a révisé la loi de gestion, censée être équitable, des revenus pétroliers. «Mais ce régime n'est pas éternel, et notre action s'inscrit dans la durée», assure Gilbert Maounonodji (Groupe de recherches alternatives et de monitoring du projet pétrole Tchad-Cameroun). Rimtebaye Nassingar (Commission nationale Justice et Paix) ajoute : «On mène une étude sur l'utilisation des revenus pétroliers à l'issue de laquelle nous porterons plainte contre ceux qui les ont détournés.» . Au cours des mois à venir, les coalitions Publiez ce que vous payez tenteront de convaincre l'Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD) de défendre elles aussi le principe de transparence.

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mercredi 14 mars 2007

Développement de l'Afrique


INDICATEURS DU DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : Les paradoxes socio-économiques d’un continent

Le Rapport de la Banque mondiale sur les indicateurs de développement en Afrique, présenté hier au siège dakarois de cette institution financière internationale par l’économiste brésilien Jorge Saba Arbache a conclu, entre autres idées, à cet effarant constat que « la mortalité et l’espérance de vie ont retrouvé les niveaux des décennies antérieures ». Une régression qui nous ramène à la situation des années 70 et dont les causes multiples peuvent être corrélées aux nombreux conflits qui ont meurtri le continent, aux désastres écologiques consécutifs aux aléas climatiques comme les sécheresses endémiques ayant occasionné exodes massifs et famines. Mais encore et surtout, insistent les auteurs du Rapport sur la prévalence de nombreuses maladies dont le « paludisme n’a pas reçu une attention suffisante et qui est une cause majeure de la mortalité chez les enfants ».

Sur ce tableau, des données pessimistes sur lesquelles attirent l’attention du Rapport figurent les inégalités économiques et autres disparités en tout genre qui « limitent les avantages que les pauvres tirent de la croissance ». Lesquelles populations pauvres se trouvant dans leur écrasante majorité en dehors des grandes agglomérations urbaines. Ce qui contribue à creuser davantage le fossé entre les zones rurales et les villes dont les zones péri-urbaines deviennent les points de chute obligés des masses déshéritées en provenance des campagnes. Ce qui amène M. Jorge Arbache à conclure que « la réduction de la pauvreté passe par la croissance dont il urge plus que jamais à travailler à partager les avantages. Ce qui contribue, pour ce qui concerne les pays africains, à rendre l’agriculture plus productive et plus durable.
Ce scénario ainsi décrit ne devant pas occulter les autres « visages inattendus de l’Afrique » qui donnent des raisons de croire que malgré ces difficultés, notre continent est sur la bonne voie. Celle de l’émergence possible et des OMD (les Objectifs de Développement du Millénaire) qui pourraient un jour être atteints. Indice prégnant de cette évolution positive : « Les taux de croissance des pays africains sont en train de rattraper ceux d’autres pays en développement ». Et que le revenu par habitant en Afrique augmente parallèlement à celui d’autres ays en développement. Au moment où la croissance s’est améliorée depuis les années 80. Le tout dans un climat qui fait que « les résultats économiques sont de plus en plus diversifiés, tandis que les réalisations sociales convergent » … Autant de données apparemment paradoxales que cette publication annuelle de la Banque mondiale met en exergue pour permettre au public de suivre les défis à relever et les transformations opérées en Afrique.
Moustapha SENE

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